Au terme d’une fin de rencontre irrespirable, le Leinster a coiffé sur le poteau le Stade Rochelais grâce à une pénalité décisive de Harry Byrne (25-24). Une défaite qui peut nourrir des regrets côté rochelais mais fondatrice pour la suite.
Dans ce choc au sommet, l’une des deux formations avaient l’occasion de prendre l’avantage sur l’autre (trois victoires chacune historiquement). Comme à son habitude, le Leinster démarre fort la rencontre. Après une montée défensive kamikaze de Nowell, Kenny débloque la rencontre avec un premier essai en bout de ligne. Prendergast ne convertit pas (5-0, 3’). Opportuniste, l’ailier s’offre même un doublé six minutes plus tard suite à un contre de Ioane sur West. Cette fois, l’ouvreur du Leinster ne tremble pas (12-0, 9′). C’est un début de match cauchemardesque pour les Jaune et Noir, qui n’est pas sans rappelé celui de la finale de Champions Cup en 2023. Les Rochelais sont dépassés par la vitesse de jeu proposée. Mais à mesure des minutes qui s’égrènent, les Maritimes reviennent peu à peu dans la rencontre. Les Leinstermen commencent à faire preuve d’indiscipline. O’Brien écope d’un carton jaune après un en-avant volontaire (11’).
Mais les Rochelais butent toujours sur la défense agressive des Irlandais et ne parviennent pas à concrétiser des actions importantes. Dix minutes avant la pause, les Rochelais poussent et trouvent enfin la faille. Niniashvili conclut dans un trou de souris après une action bien initiée par Hastoy, entré plus tôt à la place de Favre (protocole commotion). Le Garrec transforme (12-7, 30′). Les Irlandais continuent d’être indisciplinés et sont sanctionnés d’un second carton jaune. C’est McCarthy qui est puni à son tour (38’). Mais le score ne bougera pas à la mi-temps (12-7). Les Rochelais sont dans le match.
Au bout du suspense
Les Jaune et Noir reviennent sur la pelouse de l’Aviva Stadium avec les mêmes intentions que lors du premier acte. Sur le côté gauche, après un beau travail de Niniashvili, Wardi et Hastoy se gênent, entraînant un en-avant du pilier gauche rochelais alors que l’essai était tout fait. Malgré tout, Le Garrec permet aux siens de recoller (12-10, 55’). Les Rochelais insistent et dominent les Irlandais. West parvient à plonger dans l’en-but après une belle transmission de Latu sur le côté droit. Le Garrec transforme en coin avec un coup de pied bien brossé (12-17, 59’). La Rochelle passe devant au score pour la première fois de la partie ! L’espoir est permis.
Seulement, les hommes de Leo Cullen n’ont pas dit leur dernier mot. Sur deux contre attaques, ils punissent les Rochelais. Van der Flier est trouvé en bout de ligne, accélère et dépose Botia et Daunivucu, trop courts, pour aller à dame. Prendergast ne règle pas la mire. Les locaux égalisent (17-17, 67’). Tout reste à faire dans cette fin de rencontre qui s’annonce irrespirable. Les Rochelais commencent à être émoussés et à puiser physiquement dans leurs ressources. Henshaw en profite et mystifie les Rochelais sur le côté droit : essai. Cette fois, Byrne heurte le poteau (trois coups de pied manqués par les Irlandais sur la rencontre). Le Leinster repasse devant (22-17, 71’). Il ne faut clairement pas être cardiaque face au dénouement qui se profile. Les Maritimes s’empressent d’investir à nouveau le camp adverse. Après des séquences de percutions au centre du terrain, le ballon atterrit dans les mains de West qui inscrit un doublé. Le Garrec transforme une nouvelle fois en coin (100 % face aux perches, 4/4), mais il est contraint de sortir (crampe). La Rochelle repasse devant (22-24, 77’) ! Les visiteurs se disent qu’ils ont la victoire entre leurs mains. Malheureusement, Penverne est fautif par deux fois, offrant deux pénalités au Leinster. Après la sirène, Byrne passe la pénalité de la victoire qui crucifie les Rochelais (25-24, 80+2). L’Aviva exulte de soulagement. Les coéquipiers de Grégory Alldritt meurent à un point. Cruel dénouement.
Le fait du match
47e minute. Un essai semble se dessiner pour les Rochelais après un travail remarquable de Niniashvili sur son côté qui bat le défenseur d’un crochet intérieur. Mais l’essai pourtant tout fait est manqué. La faute à une mésentente et un manque de communication entre Hastoy et Wardi, provoquant un en-avant de ce dernier. Aucun défenseur n’était aux alentours. L’essai aurait pu permettre de revenir à hauteur du Leinster voire même de prendre les commandes du deuxième acte. Regrettable.
Top et flop
Top : La troisième ligne. Elle a été omniprésente durant la rencontre et a prouvé qu’elle rivalise encore avec l’une des meilleures du monde. À l’image de Botia, 36 ans, qui a été élu homme du match à l’issue de la rencontre. Mention honorable pour Daunivucu qui n’a cessé de proposer au centre du terrain avec des courses dévastatrices (trois franchissements). La relève est assurée même si elle continue d’apprendre du plus haut niveau.
Flop : Le réalisme. Voilà ce qui a fait basculer la pièce du bon côté aujourd’hui. Les Leinstermen ont provoqué la chance. Ils ont été tueurs dans les moments clés, a contrario des Rochelais qui ont manqué de lucidité dans le dernier geste. En attestent, les en-avants près de la ligne, les touches perdues à cinq mètres de la ligne, les fautes de main…
Bilan
C’est une défaite à la fois pleine de regrets et d’enseignements à tirer. Malgré tout, le Stade Rochelais a prouvé qu’il est encore une équipe qui peut rivaliser face à un cador européen. Les hommes de Ronan O’Gara ressortiront sans aucun doute grandis de cette défaite, qui sera fondatrice pour le futur du club à la caravelle. Rendez-vous samedi prochain pour l’ultime match de phase de poule européenne avec la réception des Harlequins (dimanche 18 janvier, 16 h 15), avec une lueur d’espoir de qualification en phase finale grâce à ce point de bonus défensif significatif.
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