Racing 92 – Stade Rochelais : Impossible n’est pas rochelais !

Contre une équipe du Racing 92 qui n’avait jamais perdu à domicile cette saison et sur la pelouse synthétique de Paris La Défense Arena sur laquelle ils n’avaient jamais gagné, les Rochelais sont parvenus à s’imposer (24-26) et entretiennent l’espoir de croire au top 6.

En imposant un gros rythme et en étouffant les locaux, les hommes de Ronan O’Gara débutent leur match de la meilleure des manières. Antoine Hastoy réussit un 50-22 au bout de 20 secondes de jeu. Malgré une excellente entame de match, c’est pourtant les Racingmen qui ouvrent le score, sans même être encore rentrés dans le camp rochelais. Antoine Gibert profite d’une faute rochelaise pour marquer une pénalité qui permet au Racing de prendre la tête de la rencontre (3-0, 7′).

Les dix premières minutes sont totalement à l’avantage des Rochelais, qui montrent des séquences intéressantes mais manquent aussi d’efficacité, particulièrement dans le dernier geste. En face, le Racing est obligé de défendre pour ne pas se noyer. Après un beau grattage de Tolu Latu, Nolann Le Garrec prend les points et convertit la pénalité (3-3, 12′). On retrouve le talonneur australien à la touche, Charles Kante Samba s’impose dans l’alignement. Dillyn Leyds est trouvé en bout de ligne et combine avec Oscar Jegou, qui parvient à mettre Le Garrec sur orbite. Essai marqué et transformé par l’ancien racingman, La Rochelle prend les commandes du match (3-10, 15′). Après un quart d’heure, les statistiques sont claires : les Jaune et Noir ont 67% de possession et 88% d’occupation.

Et pourtant, la domination des Franciliens en mêlée leur permet de revenir au score très rapidement, après une touche de Janick Tarrit et un bon ballon porté, le talonneur du Racing marque avant que Gibert ne transforme (10-10, 19′). Une première mauvaise nouvelle arrive cependant pour les Jaune et Noir, Leyds sort après 21 minutes de jeu, après une blessure à l’épaule. Il est remplacé par Thomas Berjon. La difficulté à s’imposer de la mêlée rochelaise force le technicien irlandais à sortir le jeune pilier droit Upaleto Feao pour Aleksandre Kuntelia après seulement une demi-heure de jeu. La mêlée qui suit est gagnée par les Rochelais. Après un nouveau mouvement collectif réussi, c’est le troisième ligne international, Jegou, qui est récompensé de sa belle activité et permet marquer le second essai rochelais de la rencontre. Le Garrec transforme (10-17, 34′).

Gibert tente une première pénalité à la 37e minute, manquée. Mais une nouvelle poussée victorieuse de la mêlée du Racing alors que la sirène a retenti offre une nouvelle chance au demi d’ouverture des Ciel et Blanc. Cette fois-ci, le ballon passe entre les perches. Le score à la mi-temps est de 13 à 17 pour le Stade Rochelais. Les coéquipiers de Grégory Alldritt ont le ballon et des occasions, mais ont également du mal à concrétiser, quand le Racing peut compter sur sa conquête pour sauver les meubles. En difficulté en première mi-temps, Alexandre Kaddouri sort à la mi-temps, remplacé par Reda Wardi.

Une deuxième mi-temps sur un faux rythme

La seconde mi-temps démarre et on sent très vite que le Stade Rochelais n’est plus autant en jambes qu’en première mi-temps. Les Maritimes sont plus passifs, permettant aux Racingmen de jouer plus librement et de se procurer des occasions. Davit Niniashvili donne un matelas d’avance aux Jaune et Noir, après une pénalité lointaine (13-20, 45′). Alors qu’on pense que le match va revenir sur son rythme précédent, la blessure de Matthias Haddad, gravement touché et sorti sur civière, refroidit rapidement les acteurs du match. Andy Timo fait sa rentrée en troisième ligne.

La mêlée qui suit est gagnée par les visiteurs. Le Garrec ne se fait pas prier pour donner dix points d’avance à La Rochelle (13-23, 48′). Ugo Seunes lui répond cinq minutes plus tard (16-23, 53′), avant d’inscrire une nouvelle pénalité. L’avance rochelaise n’est plus que de quatre points à l’heure de jeu (19-23, 61′). Le Racing voit enfin sa première grosse occasion construite avec Selestino Ravutaumada qui conclut sur l’aile. Seunes ne transforme pas mais le Racing reprend l’avantage (24-23, 67′). La fin de match laisse les supporters des deux équipes en apnée. Le Garrec score avec une nouvelle pénalité à sept minutes du terme (24-26, 73′). Mais rien n’est encore fait. Alors que le Racing a une ultime chance de remporter la rencontre, la tentative de drop de Seunes passe largement à côté. Les Rochelais s’imposent finalement sur le score de 24-26 et continuent de se rapprocher d’un improbable top 6.

Top et flop

Top : Auteur d’un 7 sur 8 en touche, de deux grattages décisifs et d’une grosse activité sur le terrain, Tolu Latu est le top de ce match. À noter également les très gros matchs d’Oscar Jegou, hyperactif, dans tous les bons coups, mais également de Nolann Le Garrec, qui aura réussi un 100% au pied, tout en étant le maître à jouer de cette équipe rochelaise.

Flop : Il fallait que ça soit un joueur de la première ligne, tant la mêlée rochelaise fut dominée. Alexandre Kaddouri cristallise les difficultés de la mêlée fermée sur cette rencontre. Sanctionné à deux reprises, le pilier gauche aura souffert, au même titre qu’Upaleto Feao à droite, durant la première mi-temps et aura également vu Reda Wardi réussir un match plus propre que le sien.

Bilan

Trois matchs. Voilà tout ce qu’il reste à La Rochelle pour clôturer une saison très mouvementée. Ou peut-être que non. Avec cette belle victoire à l’extérieur, Ronan O’Gara et ses joueurs peuvent encore croire à des barrages, le top 6 n’étant qu’à six points. 8e au classement, les coéquipiers de Grégory Alldritt ont réussi à enclencher une bonne dynamique depuis la parenthèse européenne. Suffisant pour ne pas voir la saison se conclure face au Stade Français ? Les Rochelais devront le prouver face à leur pire ennemi, le Stade Toulousain, large leader du championnat, dans un Stade Marcel-Deflandre prêt à y croire. Rendez-vous dimanche 17 mai, à 21h05.

Crédit photo : Icon Sport