La Rochelle – Stade Français : Et le miracle est arrivé !

Pour cette dernière journée de Top 14, le Stade Rochelais recevait le Stade Français avec pour objectif de se qualifier pour le top 6. La donne était claire : gagner, avec ou sans bonus, et espérer un faux pas des concurrents directs. Au bout du bout, le match s’est soldé par une victoire 27 à 22, avec un grand ouf de soulagement.

Ouf, puisse le sort être favorable au Stade Rochelais ! Alors que la rencontre semblait au départ bien mal embarquée, les Jaune et Noir ont fini par se sortir du piège parisien et aller chercher la qualification in extremis pour le top 6. Après dix minutes d’ennui marquées par une possession ultra stérile des Maritimes, le match s’est enfin décanté. Un renversement côté gauche d’Hastoy trouve Boudehent en bout de ligne, sert Niniashvili pour le ministre de l’Intérieur rochelais Nolann Le Garrec qui signe alors son 13e essai de la saison en 19 matchs disputés (7-0, 11). Mais les Parisiens ne vont pas se laisser faire. Cinq minutes plus tard, à l’issue d’une séquence de pilonnage, le jeu rebondit sur l’extérieur et la rapidité d’exécution de Macalou puis Foursans envoie Marchant à dame. L’ouvreur parisien ne convertit pas en coin, les Rochelais restent en tête (7-5, 17′).

La possession des joueurs de Ronan O’Gara est toujours importante avec plus de 65 % d’emprise sur le match mais le manque criant de réalisme leur fait défaut. Alors que le pack maritime semble clairement en difficulté, le pilier géorgien du Stade Français Melikidze percute à la tête son homologue argentin Sclavi et sort se reposer dix minutes. Les locaux ne tirent pas profit de cette supériorité numérique et se font même punir juste avant la mi-temps par Ward qui profite d’une touche bien exécutée et du travail de sape de l’ancien rochelais Kerr-Barlow par ses éjections dynamiques (7-12, 40′). C’est la douche froide… Nolann Le Garrec glisse même avec dépit au micro de Canal+ que son équipe « passe 80 % du temps dans le camp adverse sans marquer ». Une triste réalité à corriger pour espérer mieux dans ce Top 14 si serré.

À la mi-temps, le staff jaune et noir décide d’injecter du sang neuf pour provoquer un électrochoc. Lespiaucq et Kuntelia rentrent notamment pour tenter d’apporter plus d’assise en mêlée. Nolann le Garrec tente de garder le navire à flot par une pénalité (10-12, 44′) mais l’efficacité des Soldats Roses en mêlée leur permet de s’envoler au score après que Botia ait écroulé un maul. L’arbitre file entre les poteaux et le troisième ligne fidjien voit jaune (10-19, 50‘). La situation semble compliquée alors qu’à 150 kilomètres de Deflandre, Clermont accroche Bordeaux et entretient l’espoir rochelais de top 6.

Le temps est donc à la remobilisation. Macalou se fait expulser dix minutes pour acte d’antijeu et la machine Jaune et Noir va peu à peu revenir dans les rails. Les multiples changements opérés par le staff de Ronan O’Gara dynamisent le groupe et ce n’est qu’à partir de la 70e minute qu’une lumière vient éclairer les supporters maritimes. Au départ d’une touche bien captée par la révélation à 7 Andy Timo, le jeu avance et les avants s’époumonent en attaque. Tout le collectif ne fait plus qu’un et à l’issue d’une séance de pick and go, c’est Lagivala qui plonge dans l’en-but, tel un neuvième avant pour sonner la révolte rochelaise. Le Garrec convertit et porte le score à 20-19 à dix minutes du terme. La rencontre est en train de basculer. Sur l’action suivante, Paul Boudehent manque de peu d’aggraver la marque après un dribbling mal maîtrisé sur une course de plus de 40 mètres. Le stade est en fusion, la qualification à portée de main. Et c’est par une nouvelle touche à 5 mètres que Lespiaucq s’écroule en terre promise et envoie son équipe en barrages de Top 14 (27-19, 78′). Foursans ajoute une ultime pénalité qui permet au Stade Français de prendre un point de bonus défensif et de recevoir son barrage à Jean-Bouin contre… le Stade Rochelais. Le rendez-vous est pris dimanche prochain à 21h !

Top et flop

Top : Auteur de 18 des 27 points de son équipe, Nolann Le Garrec est indéniablement un des joueurs majeurs du succès maritime. Mais force est de constater que le centre Semi Lagivala a réalisé un match de très haut niveau. Il retarde l’échéance sur le premier essai parisien en se jetant sur Ward tout proche de la ligne et marque l’essai en force en fin de match pour impulser le réveil rochelais. Dans tous les bons coups, il termine avec 13 courses ballon en main et 2 franchissements. L’un des meilleurs rochelais de ce match.

Flop : De manière générale, les fondamentaux du rugby n’ont pas été respectés par La Rochelle (57 % de mêlées gagnées, 67 % de touches gagnées). Ces deux gros secteurs ont fait défaut aux Maritimes qui auraient pu se mettre à l’abri bien plus tôt dans ce match. Paradoxalement, ce sont sur deux touches que sont arrivés les deux essais rochelais en fin de match.

Le fait du match 

L’entrée d’Andy Timo a été l’élément déclencheur du réveil rochelais. Capteur de balle sur l’essai de Lagivala qui donne la voie, il a ensuite été très actif en défense avec deux plaquages dominants qui ont ralenti les offensives parisiennes. Gratteur, plaqueur et très athlétique, il symbolise le dynamisme rochelais de cette fin de saison.

Bilan

La qualification est acquise cette année au terme d’une série de six victoires consécutives qui ont permis de remonter progressivement dans les places qualificatives. Les hommes forts du Stade Rochelais ont guidé le club à l’image d’un Le Garrec stratosphérique, Alldritt à la pointe du combat, au retour important de Boudehent, au flegme des ailiers Favre et Niniashvili et à la montée en puissance de Lagivala qui par son explosivité et sa rapidité, peut rendre bien des services à son équipe en cette fin de saison. Il faudra en revanche sérieusement revoir les fondamentaux, en touches et mêlées, beaucoup trop pénalisées. La semaine prochaine, les Maritimes font le chemin inverse et vont monter en direction de la capitale avec l’objectif de poursuivre cette ascension fulgurante et tenter de décrocher une demi-finale à Marseille. Soyez présents dimanche soir à 21h05 sur Canal+ pour une revanche alléchante qui va valoir son pesant d’or !

Crédit photo : Icon Sport