Une semaine après s’être imposés face à Toulouse, et dans un match suffocant où les deux équipes n’auront jamais été séparées par plus de cinq points, les Jaune et Noir s’imposent finalement et quittent Mayol avec quatre points (20-21).
Le Stade Rochelais semble apprécier les scénarios stressants pour ses supporters. Après l’avoir emporté sur le gong face au Stade Toulousain (30-27), les hommes de Ronan O’Gara ont, cette fois-ci, gagné au stade Mayol à l’arrachée, d’un minuscule point acquis dès la 53e minute, en souffrant jusqu’à la fin de la rencontre pour préserver cet avantage. Ce sont pourtant les visiteurs qui ouvrent le score, par le pied d’Antoine Hastoy qui permet à son équipe de prendre les premiers points, et ce, malgré un grand nombre de fautes (0-3, 5′). Les fautes en questions s’accumulent et commencent à coûter cher. Un maul toulonnais est écroulé par Levani Botia mais cela n’empêche pas Mateo Garcia d’aplatir. Double peine pour les Rochelais, qui voient également le troisième ligne fidjien écoper d’un carton jaune (5-3, 9′).
Malgré l’infériorité numérique des coéquipiers de Dillyn Leyds, les locaux se font surprendre quand le capitaine allonge vers Jack Nowell à droite, qui marque un essai en résistant à la défense adverse (5-8, 14′). Toulon répond du tac au tac avec un essai signé Mathis Ferté. La transformation est manquée, la troisième consécutive de la rencontre (10-8, 17′). Sur le renvoi qui suit, La Rochelle obtient une pénalité qu’Hastoy convertit. Le score est donc de 10-11 en faveur des Maritimes alors que Botia revient sur la pelouse. Comme le dit Rémi Talès au micro de Canal+, La Rochelle est « bien payée ». Le réalisme des Rochelais, additionné à la maladresse toulonnaise, permet aux visiteurs de rester dans le match.
On pense que Leyds marque un essai à la 23ème minute, mais celui-ci est annulé à cause d’un en-avant. Le jeu est brouillon des deux côtés. Les mêlées et les fautes de main s’enchaînent pendant de longues minutes et quand le RCT semble enfin avoir pris le meilleur sur son adversaire en fin de première mi-temps, un manque d’efficacité les empêche de marquer. Faute de mieux, Melvyn Jaminet marque une pénalité à la 40ème minute. Toulon mène 13 à 11 à la mi-temps mais La Rochelle fait tout de même meilleure impression.
Le minimalisme rochelais en valeur cardinale
Après un énième en-avant varois, la mêlée maritime, qui a vu Aleksandre Kuntelia, Louis Penverne et Watisoni Waqanisaravi la renforcer en rentrant à la mi-temps, permet à Valentin Bouju, pour ses débuts professionnels, de combiner avec Simeli Daunivucu. Le centre rochelais est arrêté à cinq mètres, et le soutien fait le reste : Waqanisaravi marque le premier essai de sa carrière rochelaise et Hastoy transforme. Les Jaune et Noir ont maintenant cinq points d’avance, le plus gros écart de toute la rencontre (13-18, 46′). À noter la blessure à la 50ème minute du talonneur Pierre Bourgarit, remplacé par Quentin Lespiaucq.
C’est justement à cet instant que Toulon, après une mêlée à cinq mètres, obtient un coup franc. Opportuniste, Baptiste Serin joue rapidement et profite d’une défense rochelaise passive. Jaminet convertit facilement (20-18, 51′). Cet avantage n’est que de courte durée puisque sur le renvoi, Grégory Alldritt, entré en jeu quelques minutes avant, gratte un ballon et permet à l’ouvreur de La Rochelle de remettre son équipe en tête, pour ce qui sera la dernière marque de la rencontre (20-21, 53′).
Ce ne sont pas les opportunités de marquer des points qui manquent. Mais des deux côtés, l’imprécision est frappante : les deux pénalités manquées de Hastoy et un ballon porté bien défendu par les Toulonnais, répondent à une pénalité manquée par Jaminet et un trois contre un mal exploité par Huw Jones. Une touche toulonnaise à la 79ème minute est bien contrée par les Rochelais, qui ne se privent pas de laisser le chrono tourner avant de dégager en touche. 20-21 score final, La Rochelle tient sa victoire !
Top et flop
Grégory Alldritt avait globalement raté sa performance lors de l’ouverture de la saison face au Stade Toulousain la semaine dernière. Cette fois-ci, il s’est fait pardonner avec une excellente prestation. De nouveau, le banc en 7-1 a été décisif. Si le Fidjien Watisoni Waqanisaravi a marqué son essai tout en puissance, c’est bien Alldritt qui aura, en une demi-heure, imposé sa présence physique, tout en étant régulièrement auteur de gestes décisifs. C’est au capitaine habituel de la caravelle que l’on doit le dernier grattage victorieux mais il est également l’artisan d’un contre-ruck qui casse le RCT à un moment crucial.
Si aucun Rochelais n’a réellement raté son match, Thomas Adélaïde aura été trop neutre et commis quelques petites erreurs qui auraient pu coûter cher. Sorti à la mi-temps et remplacé par Watisoni Waqanisaravi, le Fidjien a été bien plus impactant que la nouvelle recrue.
Fait du match
L’efficacité au pied de Melvyn Jaminet est bien connue, et lui a ouvert les portes du XV de France et du Stade Toulousain. Pourtant, c’est un autre Jaminet, beaucoup plus maladroit dans le jeu et devant les perches qui s’est illustré ce soir. Sa pénalité manquée à la 67ème minute, qui aurait permis au RCT de reprendre l’avantage, vaut très cher en fin de rencontre et fait le bonheur des Jaune et Noir, vainqueurs en Provence.
Bilan
Les Rochelais ne partaient pas favoris au stade Mayol et l’imprécision générale aurait pu leur être fatale mais l’efficacité en première mi-temps, couplée à une bonne défense et des fondamentaux solides permettent à l’équipe de revenir en Charente-Maritime avec un succès de prestige. Quatre points importants et une dynamique positive avant d’aborder le duel contre le Racing 92. Le banc en 7-1, déjà expérimenté avec succès face au Stade Toulousain, aura à nouveau réussi sa mission, alors que des joueurs prometteurs aperçus en présaison ont pu montrer leur talent, à l’image de Valentin Bouju, homme du match. La suite de la saison s’annonce passionnante.
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