La Rochelle – Racing 92 : Du 100 et des larmes 

À l’occasion du centième anniversaire du Stade Marcel-Deflandre, le Racing 92 de Patrice Collazo est venu jouer les trouble-fêtes, en faisant la différence avec vingt points inscrits en deuxième mi-temps (10-20). 

Pour les cent ans du Stade Marcel-Deflandre et le beau temps, toutes les conditions étaient réunies pour une belle rencontre de rugby. Il n’en fut rien. Les spectateurs ont plutôt assisté à une bouillie de rugby sous la pluie. Durant le premier acte, les deux équipes enchaînent les fautes. À la 11e minute, Thomas Lavault est sanctionné d’un carton jaune, après deux fautes consécutives. Mais les Jaune et Noir n’encaissent pas de point en infériorité numérique, grâce à une défense remarquable. Nolann Le Garrec débloque le compteur de son équipe, à la 18e minute (3-0). Il faut attendre la 31e minute pour que le meilleur marqueur rochelais la saison dernière inscrive un essai en véritable numéro 9, au bord du ruck, à la suite d’une bonne séquence de pick and go des avants maritimes (10-0). Mais les Rochelais se font peur et frôlent la correctionnelle à plusieurs reprises avant la mi-temps. Heureusement, ils résistent grâce à une défense aux aguets.

0-20

Les supporters rochelais pensaient que leurs joueurs reviendraient sur le terrain avec des intentions différentes, en prenant le jeu à leur compte. Ils étaient loin de s’imaginer une telle issue. Les hommes de Patrice Collazo, eux, redressent la barre. Et de quelle manière. Après une touche non trouvée d’Antoine Hastoy, le feu follet Max Spring se saisit du ballon et passe en revue toute la défense rochelaise. Un superbe essai qui relance complètement la rencontre. Gerónimo Prisciantelli transforme (10-7, 52’). Au fur et à mesure, les Rochelais rendent le match soporifique, tandis que le Racing poursuit sa remontée, avec ses fers de lance, Josua Tuisova et Vinaya Habosi qui font terriblement mal aux hommes de Ronan O’Gara. Les Ciel et Blanc égalisent par le pied de leur numéro 10 (10-10, 61’). Quelques minutes avant le terme de la rencontre, les statistiques affichent 82 % de plaquages réussis pour le Stade Rochelais contre 92 % pour les visiteurs. Cela ne présage rien de bon pour les locaux. Prisciantelli permet aux siens de passer devant pour la première fois du match (10-13, 74’). Le clou du spectacle intervient lorsque La Rochelle, à cinq mètres de l’en-but adverse, rate une occasion d’essai par Levani Botia. Sur une ultime touche, l’essai de Romain Taofifenua délivre les Franciliens (10-20). La saison du Racing 92 est désormais lancée tandis que les Rochelais ont de quoi s’inquiéter au vu de la pâle copie rendue.

Le fait du match

Alors qu’ils pouvaient changer le sort de la rencontre, les Rochelais ont gâché une énorme occasion à quelques minutes du terme. Après avoir obtenu une pénalité à cinq mètres de la ligne du Racing 92, ils décident de la jouer à la main. Botia prend le ballon mais entre en collision avec Karl Sorin. Le ballon est perdu et les Rochelais doivent se replier sur près de 80 mètres. S’ensuit l’essai salvateur de Taofifenua pour sceller la partie. 

Top et flop

Il est délicat de dégager un top tant l’équipe n’a pas été au niveau. Néanmoins, Simeli Daunivucu a été intéressant durant la rencontre, lui qui faisait face à la paire de centres Tuisova-Habosi. Délicat pour un jeune de 21 ans, il n’a pourtant pas été ridicule et gagne progressivement sa place dans le coeur du jeu rochelais. Il a également été l’auteur d’un 50-22, à l’instar de son compère Jules Favre.  

Le point noir de la rencontre du côté des Maritimes est la lucidité. Les coéquipiers de Dillyn Leyds en ont manqué cruellement. On peut citer de nombreuses actions telles que : la passe non effectuée par Nathan Bollengier en première période qui aurait sans doute mené à un essai, la touche non trouvée par Hastoy, offrant un ballon de relance et un essai pour Spring, le ballon échappé par Botia pour ce qui aurait pu être l’essai de la victoire, etc. Trop d’imprécisions ont empêché les Rochelais de l’emporter.

Bilan 

Patrice Collazo a réussi son plan de jeu, avec ses joueurs qui ont mis davantage d’agressivité et d’envie que les Rochelais. Les hommes de Ronan O’Gara ont abordé ce match avec de la confiance. Trop de confiance. Les Maritimes ont montré un visage bien différent des deux premiers matchs de championnat, en encaissant un 0-20 en deuxième période. Ils n’auront jamais réussi à franchir le rideau francilien. Aujourd’hui, les Jaune et Noir n’ont pas rendu hommage à leur antre de Marcel-Deflandre. C’est donc une victoire logique pour le Racing 92, même si ce dernier était largement à la portée du Stade Rochelais qui s’est tiré une balle dans le pied, en manquant de lucidité à des moments clés de la rencontre. Il faudra donc tirer des enseignements de cette rencontre pour ne pas sombrer le week-end prochain du côté du Hameau de Pau (samedi 26 septembre, 21 h), au risque de connaître à nouveau des scénarios similaires à la saison dernière. 

Crédit photo : Icon Sport