Figure montante de la jeunesse rochelaise, le capitaine des Espoirs, Lucas Andjisseramatchi (19 ans) a déjà pris part à neuf matchs cette saison avec l’équipe première. Le jeune troisième ligne revient sur son parcours, en exclusivité pour Fièvre SR.
En juillet 2024, tu débarques à La Rochelle en provenance de Massy. Pourquoi as-tu choisi le Stade Rochelais pour la suite de ta carrière ?
Je jouais à Massy depuis mes 7 ans. J’ai commencé le rugby là-bas et j’ai fait à peu près toutes mes catégories. Quand tu es un jeune joueur, il y a les Elite Jeunes. Ce sont des rassemblements U18, ce qui se fait de mieux en France. J’avais fait pas mal de « stages bleus » et des rencontres Elite Jeunes où on était supervisé par des coachs de différents clubs qui venaient regarder, avec tous les managers de l’équipe de France U18. En Crabos deuxième année, j’avais réussi à faire une sélection en équipe de France U18. Et après, le Stade Rochelais m’a contacté. Vu que c’était un club que je suivais beaucoup et qui était vraiment sur une pente ascendante, avec notamment les deux coupes d’Europe, quand j’ai vu qu’ils m’ont appelé, j’avais vraiment envie de venir parce que c’était un projet qui m’intéressait. Ça s’est fait assez naturellement.
En parallèle, tu suis des études de kiné à l’EFOM Paris. Comment arrives-tu à conjuguer les études et le rugby ?
J’ai choisi La Rochelle comme projet parce que scolairement, c’était un des clubs qui m’accompagnaient le mieux. J’ai fait STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) quand j’étais en crabos, parce que j’ai un an d’avance au niveau scolaire. J’ai toujours été quelqu’un qui était de très scolaire. En U18, j’étais déjà en STAPS et avec les concours, j’ai réussi à avoir une école de kiné : l’EFOM, située dans le XVe arrondissement à Paris. Avec mes parents et le club, on s’est dit que ce serait bien d’essayer de continuer les études, quand bien même je changerais de club et de région. C’est un peu compliqué car ça demande beaucoup d’organisation. Mais je me suis dit que j’allais continuer à mon rythme, en validant certaines matières petit à petit. Donc j’ai fait une première partie l’année dernière, que j’ai réussi à valider. Là, je fais la deuxième cette année. Je suis très bien accompagné au club. J’ai des sources d’aide avec des kinés qui viennent me donner des cours, et j’ai des visio-conférences avec l’école. Donc ça me permet d’essayer de suivre en même temps que le rugby, une partie scolaire pour préparer l’après-carrière.
On a l’impression que tu as fait toutes tes catégories au club, alors que tu es arrivé il y a un an et demi seulement. Est-ce que toi aussi tu partages ce sentiment ?
C’est vrai que c’est assez spécial parce que je me suis très bien intégré. J’ai été très bien accueilli par tout le monde quand je suis arrivé, que ce soit par les coachs des espoirs, les coéquipiers… Je me sens bien au club et c’est vrai que par moments, j’oublie un peu que ça fait seulement un an et demi que je suis arrivé.
Tu étais capitaine à Massy, tu l’es désormais au Stade Rochelais. Partout où tu passes, tu es capitaine. Comment tu l’expliques ?
Je ne pourrais pas trop l’expliquer. Ça vient naturellement. C’est quelque chose que j’ai depuis tout petit, je pense. C’est dans ma nature de toujours vouloir aider les autres. Et au sein d’un collectif, j’essaie de me donner à fond, de générer quelque chose au sein d’un groupe. Ça m’intéresse vraiment de ramener tout le monde vers un même objectif et de faire en sorte d’avoir une équipe soudée. Et je trouve que dans ce rôle-là, je suis surtout bien accompagné, que ce soit par les coachs et mes coéquipiers.
As-tu constaté de grosses différences entre le niveau espoir et professionnel ?
Oui parce qu’on est entouré de grands joueurs et on joue aussi contre des grands joueurs. Donc forcément, c’est assez impressionnant au début. Il y a une différence entre le niveau espoir et le niveau pro, que ce soit au niveau de la vitesse ou de la densité physique. Mais dans les deux catégories, on progresse tout aussi bien. Moi, quand je joue en Espoir, je sais que le fait d’essayer de performer, ça me fait progresser. Et quand je joue avec les pros, je progresse aussi. Pour tous les jeunes, que ce soit pour Charles (Kante Samba), Diego (Jurd), Simeli (Daunivucu)… les deux projets sont vraiment très intéressants pour nous. C’est une transition assez particulière mais on prend beaucoup de plaisir à travers cette routine.
Est-ce qu’il t’arrive de ressentir de la frustration lorsque tu retournes jouer avec les Espoirs ?
Non, pas forcément. On sait qu’il y a de la concurrence, qu’il faut toujours être au top pour jouer les week-ends avec les professionnels. On est des compétiteurs, si on ne joue pas, on est forcément un peu déçus. Mais le fait de redescendre, ça nous permet d’avoir du temps de jeu, de se confronter à ce qui se fait de mieux en France à notre âge. Donc c’est toujours une belle opportunité pour progresser des deux côtés.
Quelles sont tes ambitions pour 2026 ?
Moi, c’est surtout de continuer à progresser, de prendre confiance dans mon jeu et de jouer le maximum. (…) J’essaie de me donner à fond aux entraînements et sur le terrain. Je me concentre petit à petit sur ce que je peux améliorer chaque jour. Et puis, je verrai où ça me mène.
Penses-tu être capable de devenir titulaire à long terme ?
On ne peut pas vraiment le savoir, parce qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Pour chaque jeune, l’objectif, c’est de jouer le plus possible avec les professionnels. On est là pour ça, pour essayer de jouer. On est entouré par des très grands joueurs, notamment à mon poste. Il y a énormément de travail à réaliser avant de s’imposer. Mais oui ça reste un objectif de faire partie de l’équipe dans ce grand club qu’est le Stade Rochelais.
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