Après un match des plus intenses, c’est devant une tribune Macif pleine à craquer que les Poch’ettes ont gagné face au Racing 92 (34-14). Une victoire contre les Franciliennes qui offre aux filles d’Alexandre Barès et de Benoit Chassaing, le ticket pour la finale d’Elite 2.
Pour leur cinquième demi-finale consécutive, les Rochelaises ont foulé la pelouse Stade Marcel-Deflandre, la quatrième fois de la saison. Elles affrontaient le Racing 92, pour un remake d’il y a deux semaines. Pour l’occasion, les supporters Jaune et Noir se sont déplacés en nombre et ont poussé les Maritimes jusqu’à la victoire.
C’est dans cette bronca que le coup d’envoi est donné par les Ciel et Blanc. L’entame de match est rochelaise, les Jaune et Noir ont la possession du ballon, elles attaquent sur les extérieurs, maintiennent les Franciliennes dans leur camp. Mais les Poch’ettes, trop imprécises, commettent plusieurs en-avants. À la différence d’il y a deux semaines, la mêlée Jaune et Noir tient, et domine même celle du Racing 92, permettant aux Rochelaises de maintenir la pression, et de pousser les Racingwomen à la faute. Après dix minutes de domination, le Stade Rochelais arrive à dame, grâce à sa seconde centre Zoé Burel, qui vient trouver l’espace dans la défense des Ciel et Blanc, après un jeu à une passe du pack maritime. L’essai est converti par l’ouvreuse rochelaise Ilona Couderchet (7-0, 12′).
Revanchardes, les Ciel et Blanc décident de mettre la main sur la rencontre. Comme à leur habitude, les Franciliennes jouent de leur densité, pour avancer dans le camp rochelais. Trop imprécises, elles enchaînent les fautes de main, alors qu’elles n’ont pas de mal à se frayer un chemin dans les 22 mètres adverses. De leur côté, les Rochelaises peinent à faire reculer, mais héroïquement, elles réussissent à coffrer un ballon dans leur en-but. Juste après ce ballon coffré, l’ouvreuse du Racing 92, Grace Okulu imite le jeu de Matthieu Jalibert avec un petit coup de pied par-dessus. Grâce à un rebond qui surprend toute la défense maritime, elle s’offre un essai qu’elle se charge de transformer (7-7, 21′).
Pendant dix minutes, le match se tasse. Le Racing 92 a l’occasion de passer devant après un grattage illicite du Stade Rochelais, mais l’ouvreuse manque la pénalité. Côté rochelais, il y encore encore des imprécisions dans le jeu, notamment en touche. Pour autant, les Maritimes ont la possession mais n’arrivent pas à franchir la défense Ciel et Blanc. À force d’attaques, les Jaune et Noir commencent à pousser les Parisiennes à commettre des fautes à répétion, s’offrant une touche dans les dix mètres, puis une mêlée dans les cinq mètres. Une mêlée qui sert de point de départ aux trois-quarts rochelaises pour franchir l’en-but, avec un essai de l’arrière et capitaine maritime, Iris Renaudin (12-7, 36′). Dans cette bonne dynamique, les Rochelaises enchaînent des actions proches de l’en-but, dont une proche d’aboutir à un essai. Mais le premier acte s’arrête sur le score serré de 12-7.
Second acte maitrisé
De retour des vestiaires, les Racingwomen sont sous l’eau. Elles commettent un en-avant lors du coup d’envoi, sont pénalisées en mêlée et dans le jeu. C’est après la huitième faute d’affilée des Ciel et blanc, que La Rochelle inscrit son troisième essai de la rencontre grâce à sa troisième ligne centre, Audrey Barut (17-7, 42′). La réponse ne se fait pas attendre. Après un lancer pas droit rochelais et des fautes dans les zones de ruck, les Ciel et Blanc flirtent avec la zone de marque et font travailler leur pack. L‘ouvreuse francilienne est à la conclusion et voit double (17-14, 50′).
Rattrapée au score, La Rochelle, tout maîtrise, va enchaîner action sur action. Les trois-quarts Jaune et Noir s’illustrent, par d’innombrables courses et franchissements. La capitaine s’offre des ballons joués rapidement et des coup de pied de pression, le Racing 92 est asphyxié. La conclusion est un enchaînement de fautes que les Jaune et Noir ne vont pas réussir à punir par des essais, et vont laisser leur buteuse Ilona inscrire trois points au pied supplémentaires (20-14, 66′).
Alors que l’heure de jeu vient d’être dépassée et que les franciliennes sont à bout, les Maritimes en profitent pour assener deux essais coup sur coup. Après un renvoi maîtrisé, l’ailière Jaune et Noir Tonie Fiorese gagne 20 mètres, met à la faute les visiteurs, laissant son équipe multiplier les actions, avant que la deuxième ligne Anna Tortillon, fraîchement rentrée, élargie le score d’un nouvel essai (27-14, 68′). Cette fois-ci, la sanction tombe pour le Racing 92 qui se retrouve en infériorité numérique. Encore une fois le coup d’envoi est parfaitement gérer par La Rochelle, qui par une alternance entre l’aile gauche puis l’aile droit, va permettre à l’ailière international à VII (rentrée à la mi-temps) Valentine Lothoz d’inscrire en surnombre le dernier essai de la rencontre (34-14,70′). Le score ne bougera plus. Les Rochelaises sont en finale d’Elite 2 !
Le fait du match
Sans trop de surprise, l’heure de jeu a été le moment clé de la victoire rochelaise. En dix minutes : un carton jaune, une pénalité, et deux essais qui ont permis au Stade Rochelais de passer de trois petits points d’avance à 20, parachevant la rencontre à la 70ème minute.
Top et Flop
Top : Le triangle arrière Jaune et Noir constitué de Tonie Fiorese, Elona Guerpillon, Valentine Lothoz (remplaçante), et de la capitaine Iris Renaudin a sorti une grosse prestation. Pour contourner la défense du Racing, La Rochelle a fait confiance à ses arrières, qui ont su trouver les brèches et aller au bout avec les essais d’Iris et de Valentine. Mention à la mêlée rochelaise qui a dominé celle des Racingwomen, et à Grace Okulu, l’ouvreuse Ciel et Blanc qui a inscrit les 14 points de son équipe.
Flop : On n’a de cesse de le dire, mais la touche rochelaise n’est pas des plus fiables. Avec sept touches loupées, le Stade Rochelais a manqué des lancements de jeu et des actions importantes proches de l’en-but.
Bilan
Les Poch’ettes peuvent une nouvelle fois croire en leur chance de monter en Elite 1, après cette belle victoire face au Racing 92. Si l’inquiétude et la peur ont été palpables pendant une partie de la rencontre par les supporters et l’entraîneur Benoit Chassaing, en réalité c’est un match maîtrisé de la part des Rochelaises. Même si on a retrouvé en partie la dynamique du face à face d’il y a deux semaines, les Maritimes ont cette fois-ci montrer des forces qui ont fait leur saison, c’est-à-dire sa mêlée dominante et son jeu de trois-quarts, léché et dangereux. C’est avec ce visage et quelques réglages que les Rochelaises peuvent espérer battre les Valkyries de Normandie. Rendez-vous ce samedi à 19h au Stade Henri Desgrange à La Roche-sur-Yon pour connaître l’issue de cette saison.
Crédit Photo : Stade Rochelais

