Face à une équipe toulousaine qui n’a jamais baissé d’intensité et malgré les dix premières minutes de la rencontre, les Rochelais ont été gavés et ont explosé sous les coups de l’armada haut-garonnaise (60-14). Une des pires défaites de l’histoire du club en Top 14 qui place les hommes de Ronan O’Gara à la 10e position du classement à la fin de cette première partie de saison.
En cette période de fêtes de fin d’année, les repas de familles sont longs et fastidieux. Un match de rugby ne dure que 80 minutes et pourtant, ce moment a paru une éternité aux yeux des supporters du Stade Rochelais. Les coéquipiers de Grégory Alldritt ont voulu jouer les troubles fêtes, mais ils se sont rapidement retrouvés au cœur du repas d’un ogre toulousain jamais rassasié, qui n’a laissé que des miettes.
Durant les dix premières minutes de la rencontre, le Stade Rochelais va se montrer tranchant et rivaliser avec son adversaire du soir. Du moins c’est ce qu’il a dû se dire. Sur une combinaison dans les 40 mètres toulousains, Simeli Daunivucu transperce la défense et réussit à servir Davit Niniashvili qui aplatit au pied des poteaux. Antoine Hastoy transforme (0-7, 6′). Le jeune centre de 20 ans a apporté la seule éclaircie dans une soirée qui allait se transformer en une véritable déferlante pour les Maritimes, qui resteront en tête pendant 16 minutes avant de sombrer collectivement. L’ogre toulousain se réveille cinq minutes plus tard, par le biais de son capitaine Julien Marchand. À la suite d’une touche à cinq mètres de la ligne rochelaise, Marchand s’extrait du maul et enfonce le jeune Nolhann Couillaud, complètement dépassé par la puissance des champions de France en titre. Ramos ne transforme pas (5-7, 11e minute). Antoine Dupont ne s’était pas encore illustré en Top 14 depuis son retour de blessure, mais il n’a pas fallu attendre longtemps. Après un coup de pied par-dessus la défense rochelaise, Dupont récupère le ballon et fait une chistera pour Ange Capuozzo qui n’a plus qu’à aller dans l’en-but. Ramos rectifie le tir (12-7, 16e minute).
Au tour de son compère de la charnière Romain Ntamack de s’illustrer. Après avoir suivi un coup de pied de recentrage de Capuozzo, le demi d’ouverture allonge la foulée pour aller à dame. Ramos convertit (22-7, 26′). Huit minutes plus tard, Antoine Dupont rappelle à tout le monde qu’il est de retour à son meilleur niveau. Ne voyant pas de solution à la sortie d’un ruck, il prend le ballon, met un raffut à Tolu Latu et file aplatir entre les poteaux. Son premier essai en Top 14 depuis un an. Ramos transforme (29-7, 34′). Après un carton jaune pour Grégory Alldritt (36′), suite à un plaquage sans ballon, Antoine Dupont récupère un ballon lâché par Jack Willis devant la ligne d’en-but maritime, jugé en arrière selon monsieur Ramos, et file en terre promise. Ramos, l’arrière du Stade Toulousain, transforme. 36 à 7 à la mi-temps. Les Rochelais sont dépassés au terme de 40 premières minutes, où une galaxie rugbystique d’écart se dessine entre les deux équipes. Et ce n’est pas fini.
Balade digestive pour les Toulousains
Les 29 acteurs reviennent sur la pelouse et il n’aura fallu que six minutes pour que Alexandre Roumat place une nouvelle estocade et que Ramos transforme (43-7, 46′). Les Rochelais mettent plus d’intensité lorsqu’ils ont le ballon en main. Mais avec un total de 33 % de possession sur l’ensemble du match, impossible de mettre en place son jeu. Antoine Dupont, dans un grand soir, parvient à trouver un 50-22 monstrueux. Il trouve l’ancien rochelais Teddy Thomas, sur son aile, sur une passe au pied de 40m, après une touche bien négociée. Transformation de Ramos (50-7, 60′ minute). Le numéro 9 Toulousain sort sous les acclamations du Stadium. Oui le ministre de l’Intérieur est de retour aux affaires.
Les 20 dernières minutes sont un supplice pour des Rochelais, complètement à l’agonie. Même s’ils marqueront par le biais d’un Nolann Le Garrec opportuniste, après une touche rapidement jouée par Dillyn Leyds (50-14, 67′), les Rouge et Noir marquent dans la foulée par Teddy Thomas qui y va de son doublé (55-14). À la 76ème minute, Léo Banos vient parachever le succès haut-garonnais. Après une magnifique passe au pied de Ramos, reprise de volée, le jeune troisième ligne n’a plus qu’à faire dix mètres pour aller aplatir. L’arrière toulousain ne transforme pas. Le score ne bougera plus : 60-14.
Top et flop
Top : Il est très compliqué de sortir un joueur rochelais du lot, tant les Maritimes ont sombré collectivement. Cependant, Simili Daunivucu a été un des seuls, si ce n’est le seul, a véritablement bougé les choses quand les Rochelais avaient le ballon. Remuant offensivement, le jeune centre aura tenté. Mais l’homme du match est clairement Antoine Dupont. Il faut le reconnaître, il est bien de retour et quand il n’est pas muselé, il est capable de faire basculer n’importe quelle rencontre.
Flop : Toute l’équipe rochelaise, à l’exception de Daunivucu, n’a jamais existé et a sorti l’un des pires matchs, collectivement parlant, de ces dernières saisons.
Le fait du match
Le carton jaune de Grégory Alldritt à la 37ème minute, après un plaquage sans ballon, vient sanctionner les Rochelais qui enchaînaient les fautes, près de sa ligne. Le score était déjà lourd (29-7), mais les Maritimes vont encaisser deux essais supplémentaires à 14 contre 15 et ne verront plus jamais le jour.
Bilan
Il s’agit de la troisième pire défaite de l’histoire du club à la caravelle en Top 14, en termes de points d’écart. La dernière fois que le club avait pris minimum 60 points, c’était à Castres, non loin de Toulouse, il y a presque dix ans (21 mai 2016) avec 10 essais encaissés et un 67 à 20 pour les Castrais.
Les Rochelais ont été dévorés par l’ogre toulousain, qui reprend les commandes du Top 14. Un match à vite oublier, car la réception de Toulon arrive à grand pas dimanche prochain (21 h 05), pour bien commencer 2026. Un adversaire qui cette fois-ci, sera peut-être à la portée des Maritimes…
Crédit photo : Icon Sport

