Titulaire face à l’Union Bordeaux-Bègles samedi 18 avril, le pilier gauche Reda Wardi a atteint un cap symbolique avec les Maritimes : 150 matchs. Un ultime palier avant son départ vers Montpellier, sa ville natale.
Pour Reda, tout a commencé dans l’Hérault, à Montpellier. Après avoir touché à beaucoup de sports tels que la natation ou le taekwondo, il découvre le rugby au collège. Il évolue d’abord à l’aile et est repositionné à différents postes, avant de finir pilier gauche. Il intègre le lycée Jean-Mermoz dans une section sportive qui a déjà vu passer l’international Kélian Galletier, l’ancien rochelais Brieuc Plessis ou encore la légende Louis Picamoles. L’histoire est en marche.
En parallèle de ses études, le jeune Reda gravit les échelons au centre de formation du Montpellier Hérault Rugby. Mais la saison 2014-2015 est celle de trop. À 19 ans, les Cistes ne le font pas jouer et Wardi comprend qu’il devra quitter son club formateur pour faire carrière. Heureusement pour lui, le voisin biterrois a régulièrement l’œil sur les jeunes pépites montpelliéraines, et le recrute en tant qu’espoir en 2015. Après deux entrées en jeu lors de la saison 2015-2016, le pilier gauche fait 15 feuilles de match pour 5 titularisations la saison suivante. Preuve de la confiance accordée par Béziers, il paraphe son premier contrat professionnel à la fin de saison 2016-2017.
De la Méditerranée à l’Atlantique
Continuant son apprentissage du rugby, c’est finalement la saison 2018-2019 qui révèle le pilier gauche. Titulaire dans l’effectif biterrois, il dépasse les 1000 minutes de jeu en championnat et suscite l’intérêt d’un certain Grégory Patat, devenu l’entraîneur des avants du Stade Rochelais. Il débarque alors à La Rochelle pour trois saisons. Mais le défi est tout autre dans une équipe qui se construit sous l’égide de Jono Gibbes. En concurrence avec l’international Dany Priso, la première saison de Wardi avec les Maritimes (2019-2020) est avant tout celle d’un joueur de rotation, la préférence du staff jouant en faveur de Priso.
2020-2021 est la saison de l’explosion. Profitant d’un Dany Priso absent pendant cinq mois, Wardi devient le numéro 1 au poste de pilier gauche et l’un des joueurs les plus utilisés de l’effectif rochelais. Remplaçant en finale de Champions Cup face au Stade Toulousain, il est titulaire lors de la finale de Top 14 contre ce même club, pour hélas, le même résultat. Malgré une saison blanche, Reda aura joué 30 matchs pour 24 titularisations et disputé plus de 1500 minutes.
On aurait pu croire que Reda Wardi allait prendre la place de Dany Priso à gauche de la mêlée, poste qu’il occupait depuis 2017. Le temps de jeu des deux colosses était assez similaire en début de saison, où Wardi en a profité pour marquer son premier essai en professionnel, face aux Glasgow Warriors. Mais sa blessure à l’épaule en fin d’année 2021 face au LOU Rugby le prive de presque quatre mois de compétition où Priso joue à ce moment-là aussi bien avec La Rochelle que l’équipe de France. Revenu en fin de saison, il supplée le futur toulonnais dans la quête de la Champions Cup contre Montpellier, le Racing puis le Leinster à Marseille.
Parmi les plus grands
Sans la concurrence de Dany Priso, parti dans le Var et remplacé numériquement par Thierry Paiva, Wardi peut enfin assumer le statut de titulaire indiscutable à gauche de la mêlée rochelaise. Et son bon début de saison est récompensé par une opportunité de jouer avec les Bleus, momentanément reportée par un carton rouge face au Stade Toulousain.
Le 12 novembre 2022, au stade Vélodrome de Marseille, il fait ses débuts sous le maillot du XV de France, contre l’Afrique du Sud. Dans un match extrêmement âpre, avec deux cartons rouges et plusieurs joueurs blessés, il profite de la sortie prématurée de Cyril Baille pour rentrer à la 31ème minute. 50 minutes plus tard, la France s’impose contre les Springboks (30-26). Sa première titularisation intervient une semaine plus tard, face au Japon. En l’absence de Jean-Baptiste Gros, il est le remplaçant attitré de Baille durant l’intégralité du Six Nations 2023.
Sur les bords de l’Atlantique, Reda Wardi fait partie d’une première ligne qui s’apprête à écraser l’Europe. Sur le banc contre Gloucester, il porte le numéro 1 à partir des quarts de finale, et termine une saison à près de 1500 minutes avec un second titre européen en poche, une finale de Top 14 en poignard dans le cœur mais en ayant néanmoins été élu meilleur pilier gauche du Top 14.

Titulaire pour l’ouverture de la Coupe du monde face aux All-Blacks, il participe au reste de la compétition en tant que finisseur, où la France est éliminée par les Springboks, sur un dernier ballon subtilisé par Faf De Klerk… au pilier gauche rochelais. En club, la saison 2023-2024 annonce la fin du cycle victorieux du Stade Rochelais et les performances de Reda Wardi commencent, comme un grand nombre des cadres jaune et noir, à baisser.
Dernières années en Jaune et Noir
Toujours derrière Baille dans la hiérarchie à gauche, le natif de Montpellier se blesse gravement au poignet dès le match d’ouverture du Tournoi des Six Nations 2024 face à l’Irlande. Comme en 2021, son absence de plusieurs mois le fait revenir pile à temps pour le sprint final, mais cette fois-ci, dans la peau d’un titulaire. Malheureusement, il ne peut aider le Stade Rochelais à aller au bout, en étant en plus coupable du second carton rouge des siens, suite à un coup de tête asséné à Julien Marchand qui permet au Stade Toulousain de se sortir du piège rochelais.
Malgré trois sélections, derrière Jean-Baptiste Gros devenu titulaire à gauche, en équipe de France, la saison 2024-2025 entérine le déclassement du Stade Rochelais, et avec lui de Reda Wardi, auteur de sa saison la moins réussie sous le maillot jaune et noir. Plusieurs fois blessé, le pilier gauche voit sa place d’indiscutable être menacée par les jeunes Louis Penverne et Alexandre Kaddouri.

2025-2026 sera donc la dernière saison de Reda Wardi sous le maillot rochelais, qui retrouvera sa ville natale, après avoir été proche de la rejoindre en 2022. La fin de sept saisons dans la caravelle pour un artisan majeur des deux titres européens, l’un des gauchers les plus marquants de l’histoire rochelaise. Après une saison difficile, Wardi redevient au fur et à mesure, dominant et impactant mais également habile dans le jeu courant. Si La Rochelle ne concourt plus en coupe d’Europe, les supporters rochelais peuvent au moins espérer que c’est dans les phases finales du Top 14 que Wardi ira clore sa belle aventure jaune et noire.
Crédit photo : Stade Rochelais

