Victor Vito – La vie rêvée d’une légende oubliée

Tel le kiwi austral, l’oiseau emblématique de Nouvelle-Zélande, Victor Vito fait partie de ces êtres rares qu’on a la chance de voir qu’une ou deux fois dans notre vie. De Wellington à La Rochelle, retour sur la carrière hors norme d’un joueur qui a changé la vision du club à la caravelle il y a déjà 10 ans !

Le 27 mars 1987, Victor Vasefafanua Junior Vito voit le jour à l’hôpital pour femme de Wellington. Il est fils unique de parents d’origine samoane et dès sa naissance, il est biberonné au ballon ovale par sa mère Tuitama Luma’ava Leaupepe : « J’ai campé dans le salon en regardant les matchs (de la Coupe du monde 1987, NDLR) avec Victor. Quelle ironie. Je ne savais pas alors qu’il serait nommé dans la prochaine équipe All Black pour disputer une Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande. C’est un tel honneur. » (Stuff, 24 août 2011) Comme un symbole, le petit Victor est né trois mois avant la toute première coupe du monde de rugby de l’histoire, qui se déroulait en Nouvelle-Zélande. Il grandit dans la banlieue sud de Wellington à Newton qui est, à l’époque, un quartier ouvrier et défavorisé. Ses parents ont de faibles revenus et le petit Victor ne mange pas à sa faim. Pire encore, il se tourne vers la malbouffe et se trouve rapidement en surpoids. Sa mère va alors lui conseiller de jouer au rugby, et cela va sonner comme une révélation pour Victor. Il va apprendre la discipline et, surtout la rigueur de ce sport, vécu comme une religion en Nouvelle-Zélande. Au vu de son métabolisme, il commence à jouer au rugby en tant que pilier. Mais, en grandissant, il passe de deuxième ligne, puis en troisième ligne.

Lorsqu’il rejoint le très réputé Scots College en 1996, il va montrer tout son talent à l’ensemble de l’établissement privé basé à Wellington. Il découvre le rugby à sept et va disputer des tournois nationaux avec la sélection scolaire de la région. Ses performances au fur et à mesure des années vont faire de lui le sportif lycéen de l’année de Wellington en 2003 et 2004, et le titre de meilleur joueur de rugby de la région en 2004 également. Toujours durant cette année-là, il est appelé pour la première fois par le sélectionneur Gordon Tietjens pour effectuer un stage d’entraînement avec la sélection néo-zélandaise à sept. Vito va participer à la préparation physique, ce qui va lui permettre de considérablement progresser dans ce domaine.

En 2005, alors âgé de 18 ans, il rejoint le club amateur des Marist St Pats pour disputer le championnat local. Ses qualités rugbystiques et son leadership font de lui le capitaine de l’équipe des moins de 19 ans et ils remportent le championnat cette même année. L’année suivante, rebelote avec l’équipe principale. Ses performances vont lui ouvrir les portes de la sélection néo-zélandaise des moins de 19 ans, où il sera le capitaine de l’équipe pour le mondial disputé à Dubaï. Malheureusement, les Baby Black échouent en finale face à l’Australie. Mais ce n’est que partie remise !

Un rookie à polir

Victor Vito, avec le maillot de la province de Wellington

Victor Vito fait ses débuts professionnels en jouant avec la province de Wellington en 2006 dans le National Provincial Championship (NPC). Il est alors âgé de 19 ans et joue son premier match face à la province de Waikato, où il est remplaçant. Ce statut ne va pas évoluer durant cette saison-là, car, il débute sur le banc durant les six matchs où il sera sur la feuille de match.

L’année 2007 est un premier coup d’arrêt dans la carrière de Victor Vito. En effet, une grave blessure à l’épaule va l’empêcher de disputer l’intégralité de la saison avec Wellington. À la fin de cette année, après s’être remis de sa blessure, Il est appelé par la sélection néo-zélandaise à sept, dans le but de préparer la saison 2007/2008 des IRB Sevens World Series. Ils disputent son tout premier tournoi à Dubaï en novembre 2007. Immédiatement, ses qualités athlétiques vont être mises en avant. La presse néo-zélandaise va même le comparer à l’ancienne star Jonah Lomu, où sa puissance et sa vitesse font de lui la nouvelle attraction de la sélection.

En février 2008, lors de l’étape à Wellington, il marque un doublé en finale face aux Samoa et permet à son équipe de s’imposer. À la fin des World Series, les All Blacks sont déclarés vainqueurs après avoir gagné six des huit tournois. Vito termine quatrième meilleur marqueur d’essais, avec 27 essais marqués en 30 matchs.

Victor Vito lors de la finale face aux
Victor Vito face aux Samoa en février 2008

De retour en club, il dispute onze matchs de NPC, mais il ne participe pas à la finale de la compétition que son club perd face à la province de Canterbury sur le score étriqué de 6 à 7. Durant cette période, ses entraîneurs de Wellington lui proposent une transition vers le poste d’ailier, après avoir vu ses performances en rugby à 7. Après son succès à ce poste en équipe nationale à sept, il se pose la question de sa place sur le terrain au haut niveau, surtout dans l’optique d’une potentielle sélection à XV avec les All Blacks. C’est finalement son co-équipier et ami Rodney So’oialo qui va le convaincre de rester en troisième ligne : « Il [Rodney So’oialo] était une des principales raisons pour laquelle j’ai continué à jouer à l’avant avec tout ce discours sur le fait de jouer à l’aile » (Stuff, 30 mai 2010).

En février 2009, grâce à ses performances à sept et en NPC, la franchise des Hurricanes, pensionnaire du Super 14 (l’actuel Super Rugby) lui propose un contrat sous forme de draft. C’est un contrat assez particulier, propre au rugby néo-zélandais. Une petite explication s’impose. Pour vous montrer le fonctionnement du rugby néo-zélandais, on va illustrer cela sous forme d’une pyramide et prendre exemple sur la carrière de Victor Vito.

La franchise des Hurricanes représente plusieurs provinces, dont celle de Wellington. Pour représenter la franchise, les meilleurs joueurs de provinces sont sélectionnés à chaque début de saison et lorsqu’ils ne sont pas sélectionnés pour un match de la franchise, ils jouent avec leurs provinces respectives. C’est pourquoi un joueur comme Vito peut jouer avec deux équipes différentes sur une même saison (l’arc vert représente le lien entre les deux équipes). Victor Vito joue son premier match avec les Hurricanes face aux Highlanders le 20 février 2009. Il joue un total de neuf matchs lors de sa première saison en Super Rugby, dont six en tant que troisième ligne aile et un match en tant que numéro 8. A la fin de l’année 2009, il réalise une saison pleine avec Wellington, mais ces derniers perdent une nouvelle fois en finale de la compétition. Cependant, Vito remporte le prix de meilleur joueur de son équipe et il s’ouvre définitivement les portes du Super Rugby avec les Hurricanes.

Un néo All Black

Après une deuxième saison chez les Hurricanes, où il joue dix matchs et inscrit deux essais, Victor Vito est appelé pour la première fois chez les All Blacks par le sélectionneur Graham Henry pour participer aux test matchs face à l’Irlande et face aux Pays de Galles, en juin 2010. Il devient le 1103ème joueur à porter le maillot suprême de la fougère argentée. Face aux Irlandais d’un certain Ronan O’Gara, Vito rentre à la 51ème minute en troisième ligne aile et participe au très large succès des siens 66 à 28. Une semaine plus tard, il est titulaire face aux Gallois en troisième ligne et apporte sa pierre à la victoire des Kiwis 29 à 10. Dans la foulée, il dispute le Tri-nations et joue les trois premiers matchs en tant que remplaçant et est titulaire lors de la dernière rencontre face à l’Australie. Les All Blacks remportent la compétition après avoir réalisé un sans-faute.

La saison 2011 de Victor Vito sera sa première saison complète en Super Rugby, où il joue tous les matchs et s’impose au poste de troisième ligne centre avec les Hurricanes (quinze matchs et un essai). Durant l’été, alors qu’il n’est initialement pas sélectionné pour jouer le Tri-nations, il est rappelé pour disputer les deux derniers matchs de la compétition, au détriment de Liam Messam qui est écarté de la sélection après sa contre performance face à l’Afrique du Sud, défaite 18 à 5. C’est ainsi que le 23 août 2011, Victor Vito est retenu dans le groupe de trente joueurs qui vont disputer la Coupe du Monde chez eux en Nouvelle-Zélande. Comparé à Messam, l’inexpérience de Vito est pointée du doigt par la presse néo-zélandaise. Ce sera donc le troisième homme fort, derrière les indéboulonnables Jerome Kaino et Kieran Read, qui vont très, voire trop souvent, être devant lui en sélection.

Durant le tournoi, il est titulaire lors de trois des quatre matchs de poule contre les Tonga, le Japon et le Canada. Il inscrit notamment ses deux premiers essais en sélection face à la nation à la feuille d’érable, dont un essai inscrit en fin de match alors qu’il est repositionné à l’aile. Cependant, il est remplaçant pour la phase finale de la compétition et il va jouer des bouts de matchs face à l’Argentine en quart de finale et face à l’Australie en demi-finale. Pire, il n’est pas sur la feuille de match pour disputer la finale de la Coupe du Monde contre la France, car, il est remplacé par Adam Thomson qui revient de blessure et jugé comme plus expérimenté. Le sélectionneur Graham Henry ne s’est jamais caché qu’il construit son équipe selon la forme de ses joueurs, qu’ils soient expérimentés ou non. Les All Blacks gagnent la compétition suite à une finale indécise et étriquée sur le score de 8 à 7.

Un prince devenu roi à Wellington

Juste après le mondial et durant toute l’année 2012, Vito devient un cadre de la franchise des Hurricanes et est incontestable au poste de N°8. Il devient même vice-capitaine derrière un certain Conrad Smith. En sélection, il reste toujours dans l’ombre de Kaino et Read et il dispute l’essentiel de ses matchs en tant que remplaçant.

Entre 2013 et 2014, il est victime d’une longue traversée du désert, surtout au niveau international. Tout commence suite à son éviction de la sélection néo-zélandaise suite à sa contre-performance lors de la série de test matchs face à la France. De ce fait, il n’est pas appelé pour disputer le Rugby Championship, nouveau nom du Tri-nations. « Pour moi, ça a toujours été une question de mentalité, de m’assurer que mon esprit était prêt, » dit-il dans une interview chez Stuff en juin 2014. « Dans cet environnement, on est beaucoup scruté, sur et en dehors du terrain, et dans le passé je n’ai probablement pas très bien géré ça et j’en ai payé le prix. Parfois, moins c’est plus pour moi. J’ai été plusieurs fois dedans et dehors de cette équipe, et ça m’a montré que ça n’avait rien à voir avec les capacités ou les aptitudes athlétiques. Peut-être que je devais un peu devenir plus grand, mais en réalité, il s’agissait surtout de mettre mon esprit en ordre et de pouvoir gérer les pressions qui viennent avec le rugby des All Blacks. »

Son déclassement chez les All Blacks va lui permettre de disputer la saison complète de NPC 2013 avec sa province de Wellington, où il sera nommé capitaine de son équipe. Il va mener ses coéquipiers jusqu’en finale de la compétition, mais, ils vont s’incliner, comme en 2008, face à Canterbury. Vito est quand même élu meilleur joueur de son équipe et est nommé parmi les meilleurs joueurs de la compétition.

Une blessure au genou va lui faire manquer une bonne partie de la saison 2014, mais il revient en avril et retrouve une place de titulaire dans la franchise des Hurricanes. En juin, il est rappelé en sélection par Steve Hansen, pour la série de test matchs face à l’Angleterre. Il va jouer deux rencontres, mais, il va à nouveau se blesser au genou, ce qui va lui faire manquer à nouveau le Rugby Championship. Sa poisse ne va pas s’arrêter là, puisqu’à peine rétabli, il se blesse à nouveau, au mollet cette fois, lors de la tournée de novembre 2014 en Écosse, là aussi après deux matchs.

Victor Vito, ballon en main, face à la Namibie

Après avoir pris soin de son corps et fortifié son esprit, Victor Vito est particulièrement revanchard lors de la saison 2015 de Super Rugby. Avec les Hurricanes, ils réalisent un beau parcours puisqu’ils vont jusqu’en finale de la compétition, mais, son équipe va malheureusement s’incliner dans les tous derniers instants 21 à 14, face aux Highlanders. Suite à ces bonnes performances, il est sélectionné pour disputer la Coupe du monde 2015 en Angleterre. Il dispute trois matchs lors de la phase de poules, dont une titularisation en troisième ligne centre face à la Namibie, où il marque un essai pour le large succès des siens 58 à 14.

Pour les trois matchs de phase finale, il est remplaçant, mais, il amène sa pierre à l’édifice qui va le conduire au titre suprême. En effet, la Nouvelle-Zélande va remporter son troisième titre mondial et, de ce fait, conserver son titre, après avoir battu assez nettement l’Australie 34 à 17. Cette fois-ci, Vito est sur la feuille de match et il peut savourer le moment. Il ne le sait pas encore, mais, ce sera sa dernière apparition avec le maillot All Black.

En février 2016, à l’aube de ses 29 ans, Victor Vito annonce qu’il dispute sa huitième et dernière saison avec les Hurricanes, puisqu’il annonce son départ en France pour le Stade Rochelais. Il veut donc mettre toutes les forces de son côté et sortir par la grande porte. Ce sera chose faite et de quelle manière ! Il dispute son centième et dernier match avec sa franchise des Hurricanes, lors de la finale du Super Rugby que son équipe remporte face à la province sud-africaine des Lions, sur le score de 20 à 3. C’est le premier titre de la franchise de Wellington de son histoire. Pour Vito, c’était le titre ultime qui lui manquait dans sa carrière néo-zélandaise, lui qui a maintenant tout gagné en club et en sélection.

Victor Vito lors de sa dernière saison avec les Hurricanes

Accueilli comme un roi

Avant de parler de son arrivée en France, en septembre 2016, remontons un peu le temps. C’est en 2014 que Victor Vito entend parler de La Rochelle pour la première fois, par le biais d’un autre néo-zélandais déjà connu des Maritimes, Jason Eaton : « Je buvais un coup avec lui à Wellington, en 2014, confie-t-il au quotidien L’Équipe, il m’a dit « Je joue dans un endroit énorme, La Rochelle, c’est sur la côte Atlantique. »[…] J’ai cru que c’était une petite ville, où personne n’allait au stade. Mais il m’a montré quelques vidéos de la fête qu’il y avait eue sur le port après la montée en Top 14 ». La magie a opéré. Alors dans le creux de la vague dans sa carrière, Vito se pose pas mal de questions sur son avenir à ce moment-là. Il reste cependant en Nouvelle-Zélande, mais, il garde contact avec son ami reparti à l’autre bout du monde.

Revenons en septembre 2016. Victor Vito débarque à La Rochelle, où il a paraphé un contrat pour trois saisons. Il arrive dans l’inconnu et pourtant, il va se sentir directement comme chez lui : « Pierre Venayre et Patrice Collazo étaient venus me chercher à l’aéroport et m’avaient amené, ma famille et moi, dans la maison qu’ils avaient réservée pour nous. Il y avait de la nourriture, des plateaux de fruits de mer notamment. Je ne sais pas s’ils étaient bien renseignés, mais c’est ce que je préfère. Un accueil chaleureux comme ça après trente heures de vol avec une femme enceinte et un garçon qui avait presque 2 ans, ça avait fait du bien, je ne pense pas que tous les joueurs ont droit à ça » (L’Équipe, 25 mai 2022). Ce cadre de vie, proche de sa ville de toujours Wellington, était essentiel pour lui et sa famille, dont sa femme Amber avec qui il a beaucoup discuté avant de venir s’installer dans la ville rochelaise.

Victor Vito lors de son arrivée à La Rochelle en septembre 2016

Sur le terrain, il va s’intégrer très rapidement au collectif maritime, en montrant son exemplarité sur et en dehors du terrain. Son coach Patrice Collazo est en admiration : « Au quotidien, il nous montre qu’il est un champion du monde. Champion du monde sur le terrain, c’est une chose. Il faut aussi l’être dans l’attitude, et Victor l’est, à l’entraînement, dans le vestiaire, auprès des joueurs. Il les pousse à se mettre à son niveau ». (La Dépêche, 28 octobre 2016)

Les joueurs du Stade Rochelais vont être à son niveau lors de cet exercice 2016/2017, puisque le club à la caravelle réalise une incroyable saison régulière en terminant premier de Top 14, avec 85 points et 7 points d’avance sur son dauphin clermontois. Victor Vito montre toute sa classe sur le terrain. Jamais à Marcel-Deflandre on avait vu un joueur avec une telle aisance technique balle en main et une faculté à jouer après contact. Son jeu a révolutionné celui du club maritime.

Malheureusement pour les hommes de Patrice Collazo, les Rochelais vont échouer en demi-finale face au RC Toulon (18 à 15), dans les ultimes instants, sur un drop assassin d’Anthony Belleau qui hante encore les têtes des supporters Jaune et Noir, presque 10 ans après. Sur le plan personnel, Vito est élu meilleur joueur de Top 14 de la saison, une petite habitude pour lui.

Jusqu’alors en course pour un nouveau Top 6, voire une place dans les trois premiers, la fin de saison 2017/2018 du Stade Rochelais va être cauchemardesque à tout point de vue. Six défaites et un match nul sur les dix derniers matchs de championnat vont faire apparaître de vives tensions entre Patrice Collazo et son staff. Ce dernier va alors quitter le navire maritime après sept années de bons et loyaux services.

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C’est dans ce contexte que Victor Vito est approché par l’entraîneur néo-zélandais du club anglais de Bristol, Pat Lam, bien décidé à attirer son compatriote en Angleterre, lui qui est en fin de contrat avec le Stade Rochelais. Mais, l’homme de Wellington, très attaché à sa ville d’adoption, va poursuivre l’aventure avec le club à la caravelle jusqu’en juin 2022, malgré les remous : « Il y avait une grosse équipe vraiment soudée, avec des mecs comme Uini (Atonio), Tawera (Kerr-Barlow), Levani (Botia). Et je voulais de la stabilité pour ma famille. C’était autant de raisons de rester un peu plus ici » (L’Équipe, 25 mai 2022).

Reparti en légende

La saison 2020/2021 va être particulièrement spéciale pour toutes les parties prenantes du Top 14, puisqu’à cause de la pandémie de COVID-19, tous les matchs se jouent à huis clos à partir de novembre 2020, jusqu’à la fin de la saison. Titulaire au fil de la saison dans une troisième ligne au parfum du XV de France, composée de Kevin Gourdon, Gregory Alldritt et lui-même, il est titulaire lors de la première finale de Champions Cup de l’histoire du club, mais se blesse à la mi-temps du match. Quelques semaines plus tard, il est remplaçant pour la première finale de Top 14 de l’histoire du club. Mais dans les deux cas, le Stade Toulousain brise le rêve des Maritimes.

Victor Vito face au Racing 92 de Nolann Le Garrec en demi-finale de Champions Cup

A l’aube de la saison 2021/2022, il se blesse à nouveau de manière sérieuse au genou. Cette blessure va lui faire manquer les deux premiers mois du Top 14. Mais il va traîner cette dernière tout au long de la saison. Vito le sait, son corps commence à le lâcher : « Tous les jours, je prenais des médicaments pour calmer la douleur. Mais ça ne fonctionnait pas bien » (L’Équipe, 25 mai 2022). Cela ne l’empêche pas de jouer et, surtout, de participer à la nouvelle épopée du club maritime qui va jusqu’en finale de Champions Cup pour la deuxième fois consécutive.

En avril 2022, usé mentalement et physiquement, Victor Vito annonce vouloir mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison. Les multiples blessures au genou et à l’épaule ont finalement eu raison de lui. En effet, de l’arthrose à son genou s’est formée. Une autre opération, juste après celle de sa blessure, a permis de déceler cette anomalie articulaire. Une des séquelles de ses multiples blessures tout au long de sa carrière. Triste ironie du sort, il se blesse à la cheville lors du dernier match de la saison à domicile face au Stade Français, pour ses adieux au public rochelais… à une semaine de la finale de Champions Cup face au Leinster. Il manque ainsi le premier sacre européen de l’histoire du club. Pire encore, il ne va plus rejouer de la saison, sa douleur à la cheville est trop forte.

Victor Vito lors de ses adieux à Marcel-Deflandre

Aujourd’hui en retrait de la vie rugbystique, il est rentré chez lui à Wellington dès le mois de septembre 2022, pour profiter de toute sa famille. Celle qui l’a tant manqué depuis le COVID-19 et l’impossibilité d’aller à l’autre bout du monde.

Le monde du rugby l’oublie peu à peu face aux nouvelles stars de l’ovalie. Mais ici, à La Rochelle, on n’oubliera jamais le joueur qui a mis la ville sur la carte de l’Europe et dans le haut du panier de Top 14. On n’oubliera jamais l’homme qui avait toujours le sourire lorsqu’il croisait les supporters en ville et qu’il illuminait le visage de ces derniers par un simple « Bonjour ».

On dit souvent que les joueurs ne sont que de passage, mais que l’institution du club est éternelle. Mais lorsque ces joueurs sont des anges tombés du ciel et qu’ils ont envoyé tout un club au paradis, on ne les oublie pas. Victor Vito fait partie de ceux-là et restera à jamais une légende du Stade Rochelais.

Crédit photos : IconSport – PhotoSportStade Rochelais