Les questions majeures de la saison

La saison du Stade Rochelais commence dimanche soir à 21h face au Stade Toulousain, l’occasion de faire le point sur les interrogations qui entourent l’équipe Jaune et Noir. Entre style de jeu, nouvelles recrues et temps de jeu accordé aux jeunes. Tour d’horizon.

Depuis la saison 2022-2023, le Stade Rochelais n’avait pas effectué une telle intersaison en termes de recrues. En effet, au total ce sont dix nouveaux joueurs qui ont rejoint les rangs maritimes. Pour quelques-uns d’entre eux, leur recrutement suscite des questions. Commençons par les avants, avec la venue du pilier droit Sione Ahio, tout juste officialisé par le Stade pour deux saisons. Les attentes sont nombreuses sur ce joueur, puisque le successeur d’Uini Atonio est toujours recherché, même si Aleksandre Kuntelia réalise de belles prestations. Ahio est là pour potentiellement lui prendre sa place, à court ou moyen terme. Une interrogation demeure tout de même sur son réel niveau, méconnu du rugby occidental ; le Néo-Zélandais a encore tout à prouver en terre rochelaise. Encore une fois, c’est la grande inconnue cette saison au poste de pilier droit.

Un effectif plus garni

Second chantier : la deuxième ligne. La saison dernière, ce poste fortement exposé aux blessures a contraint certains joueurs habituellement en troisième ligne à monter d’un cran (Cancoriet, Boudehent, Alldritt). Pour y répondre, la direction a engagé deux deuxième ligne, à qui l’on peut ajouter Theo McFarland, capable d’évoluer deuxième ou troisième ligne. Parmi les nouveaux, il y a Salmaan Moerat, actuellement blessé, et Thomas Adélaïde, qui a une grosse carte à jouer cette saison, avec les blessures actuelles de Moerat et Skelton. Capable de jouer 4 ou 5, l’ancien columérin prêté par Toulon apportera de la puissance à une deuxième ligne qui en manque. En conclusion, avec un plus large choix de joueurs, Ronan O’Gara va devoir choisir sa meilleure paire dès ce week-end, avec les habituels Thomas Lavault et Charles Kante Samba disponibles pour ce choc, en plus des recrues.

En troisième ligne, le choix s’annonce très compliqué, puisque Jegou, Boudehent et Alldritt sont plus ou moins définis comme titulaires de par leur statut. Mais l’arrivée de McFarland et Tuifua rebat les cartes. McFarland est un joueur de classe mondiale et son habileté ballon en main pourrait être précieuse. Tuifua vient, quant à lui, dans un rôle de remplaçant, mais attention, c’est un très gros potentiel et un joueur très puissant. La principale question pour ce poste est de savoir si McFarland va réussir à bousculer la hiérarchie établie à l’issue du dernier exercice.
Pour ce qui est des postes arrière, les nouvelles recrues ne devraient pas chambouler la hiérarchie de la saison passée.

Un style de jeu à confirmer

Depuis deux saisons, le Stade Rochelais tente de réorienter son rugby en essayant de le moderniser et de le rendre plus attractif qu’auparavant. L’année dernière, les prémices des glorieuses années se sont à moitié concrétisées avant que les vieux démons rochelais remontent à la surface. Alors pour cette saison, que faut-il attendre ? Une partie de la réponse sera donnée ce dimanche. Dans la logique et la continuité de la saison dernière, Ronan O’Gara devrait continuer à moderniser le jeu de son équipe qui aujourd’hui se base sur plus de passes, de jeu après contact, moins impressionnant dans les fondamentaux, mais un jeu debout plus étoffé, plus de jeu rapide et du mouvement en permanence. L’objectif principal est de proposer plus de jeu.

Mais pour y arriver, il faut absolument corriger les erreurs bêtes de la saison passée, à savoir être plus précis sur les prises de balles, les passes ou les touches, et surtout faire preuve d’EFFICACITÉ. Pour savoir si la production de ce jeu-là est possible, le manager rochelais doit tester ses joueurs sur leur qualité d’exécution. Savoir aussi si le message d’O’Gara et son staff passe bien. Même si le match face à Toulouse va donner un aperçu, un bilan plus global sur le jeu pourra être fait à partir du premier bloc de matchs du Top 14.

Des jeunes à forts potentiels

On le remarque depuis maintenant deux saisons, le travail du centre de formation porte ses fruits. Et cette saison, une nouvelle fois, certains jeunes à fort potentiel peuvent éclore ou continuer de prendre du temps de jeu avec l’équipe pro. On peut penser à des joueurs comme Feao en pilier et Garault au talon qui ont une grosse carte à jouer. Attention aussi à Zak Price, pilier droit international français U20 qui pourrait peut-être faire quelques feuilles de match cette saison et qui a un gros potentiel. En troisième ligne, malgré l’embouteillage déjà présent, Lucas Andjisseramatchi aura du temps de jeu, à lui d’en profiter pleinement pour entrer dans la discussion auprès des entraîneurs.

Au poste de demi de mêlée, les deux jeunes Nolhann Couillaud et Valentin Bouju pourront également prétendre à quelques feuilles de match cette saison. Le premier cité a déjà démontré quelques qualités la saison passée, à lui de confirmer. D’autant plus qu’il y a une place à prendre avec la blessure de Thomas Berjon et au vu de ses prestations en demi-teinte, voire décevante. Christophe Loustalot le remplace pour quelques mois mais ne constitue pas l’avenir du club. Une place derrière Le Garrec est donc à prendre. Et enfin, au poste d’ouvreur/centre, les très attendus Diego Jurd et Sacha Elissalde ont la faculté de faire chavirer Marcel Deflandre avec leur polyvalence. Sachant que seul le nouvel arrivant Ben Healy se positionne davantage comme un pur ouvreur (un seul match à l’arrière en carrière) et remplaçant d’Antoine Hastoy.

Cette saison, la concurrence sera rude à coup sûr, permettant ainsi de créer une grosse émulation entre les joueurs où le statut des cadres va être remis en question avec l’arrivée des recrues et des jeunes qui poussent à la porte. Maintenant, à Ronan O’Gara de jouer pour orchestrer ce groupe et en tirer le meilleur.

Crédit photo : Icon Sport