Des jokers au centre de l’attention

Pour ce début de saison, La Rochelle fait une nouvelle fois face à une infirmerie bien remplie, notamment sur les lignes arrières. Pour pallier ces blessures, la direction des Maritimes a déjà fait appel à deux jokers médicaux : Tevita Ofa et Avakuki Niusalelekitoga.

Confronté aux blessures de Jonathan Danty (genou), Semi Lagivala (main), George Moala (bras), Ulupano Seuteni (pectoral), David Kriel (tendon d’Achille), juste au poste de centre, le Stade Rochelais n’a pas eu d’autre choix que de recruter et d’étoffer l’effectif. En plus du poste de centre, il faut noter qu’à l’aile, seuls Dillyn Leyds et Jack Nowell sont disponibles. Conséquence directe, ce sont toujours les mêmes joueurs qui enchaînent, à l’image de Simeli Daunivucu et Leyds avec 495 minutes jouées pour le premier (joueur avec le plus de temps de jeu en Top 14) et 483 minutes pour le second (troisième de ce même classement). Des arrivées qui sont les bienvenues, mais seulement pour un certain temps.

La caravelle tournée vers le Pacifique

C’est un peu l’inconnu qui débarque chez les Jaune et Noir, tout droit arrivé de Nouvelle-Zélande. Tevita Ofa était un peu la surprise du chef la semaine dernière, de manière inattendue, le Stade Rochelais a annoncé son arrivée. Comme indiqué par le club, Ofa arrive en qualité de joker médical pour une durée déterminée de trois mois. Mais alors, qui est ce jeune Néo-Zélandais ? D’origine tongienne et samoane, c’est en Nouvelle-Zélande que Tevita Ofa (1,86 m pour 90 kg) débute le rugby en club.

Tevita fait ses débuts en rugby au Wesley College d’Auckland, il n’a alors qu’une dizaine d’années. Le rugby commence à devenir sérieux lorsqu’il intègre les équipes de jeunes de l’académie des Chiefs. Une académie qui lui permet de rejoindre son premier club pro les Counties Manukau et donc de jouer en NPC (National Provincial Championship), le championnat de Nouvelle-Zélande. C’est dans ce club que Tevita se développe, ce qui lui permet de signer son premier contrat en 2025, en Super Rugby, la compétition majeure du rugby dans l’hémisphère sud, au sein de la province des Moana Pasifika.

En deux saisons, il a déjà disputé 17 rencontres en Super Rugby. Ce qui a permis à Tevita de gravir aussi vite les échelons, en plus du talent, c’est sa polyvalence. En effet, Ofa a la capacité de pouvoir jouer ailier, centre et même arrière. Quand on sait l’importance accordée à la polyvalence des joueurs dans le rugby moderne et surtout par Ronan O’Gara, son nouveau coach, Tevita a le profil du joker idéal. Malgré sa polyvalence, le poste auquel il évolue le plus est celui de second centre, presque 60% du temps. Arrivé depuis un peu plus d’une semaine, Tevita Ofa est prêt physiquement puisque depuis février, il compte 14 feuilles de match et sa dernière rencontre officielle était le 3 octobre dernier. Déjà présent dans le groupe à l’entraînement, Ofa ne devrait pas tarder à apparaître sous la tunique des Jaune et Noir.

Un premier aperçu

Officialisé dimanche matin par le Stade Rochelais, Avakuki Niusalelekitoga rejoint lui aussi les rangs rochelais sous forme de prêt et, comme son compère, en tant que joker médical. Sa date de fin est déjà connue, puisque Alexandre Ruiz a précisé que le prêt de son joueur s’arrêterait le 31 décembre prochain. Lors de la conférence de presse, il a ajouté que ce n’était que du plus pour le joueur ainsi que pour le SA XV. « Il va pouvoir vivre trois mois en Top 14 et revenir avec de l’expérience pour finir la saison avec nous. » Avakuki Niusalelekitoga est donc rochelais pendant deux bons mois. Mais petite subtilité, son passage en terre maritime est un avant-goût, puisque, comme l’affirme Rugbyrama, Niusalelekitoga rejoindra définitivement La Rochelle pour la saison 2027-2028.

Avakuki Niusalelekitoga arrive tout droit de Charente, où il est depuis la saison 2025-2026. En une saison et demie, le jeune Fidjien aura disputé 16 rencontres avec le SA XV et inscrit 20 points. En parallèle, Avakuki Niusalelekitoga a été international U20 fidjien lors de la saison 2023-2024. À 21 ans, Avakuki Niusalelekitoga arrive aussi avec la carte de la polyvalence, puisqu’il peut jouer au centre et à l’aile. Sa préférence reste cependant au centre, que ce soit en 12 ou 13. Il a donc une belle carte à jouer en vue de la saison prochaine. En forme physiquement, puisque son dernier match joué était au vendredi 9 octobre 2026, on peut penser qu’il va rapidement intégrer les feuilles de match. Il a rejoint le groupe lundi 12 octobre.

L’arrivée de jokers à La Rochelle est plutôt chose commune ces dernières saisons. En témoigne l’année dernière, où trois jokers médicaux étaient arrivés en cours de saison, avec en premier le centre Adrien Séguret. Puis, vers le début du printemps, l’arrivée de Watisoni Waqanisaravi et d’Andy Timo, deux joueurs encore là aujourd’hui, suite à leur prolongation jusqu’en 2028. Si l’on remonte un peu dans le temps, Tolu Latu était arrivé en cours de saison 2023-2024 et est finalement toujours présent au club. Les occasions sont donc à saisir, et pour ce début de saison, les Maritimes en sont déjà à leur troisième joker médical : Christophe Loustalot, Avakuki Niusalelekitoga et Tevita Ofa.

La déception Pacome

C’est le chemin inverse pour le jeune Ugo Pacome. Arrivé à La Rochelle il y a deux saisons, il n’a jamais réussi à s’imposer dans l’effectif rochelais. Malgré un potentiel bien présent et de belles promesses vues lors de son arrivée au club, l’arrière de 21 ans fait ses valises, direction Soyaux-Angoulême. Au total, Pacome aura pris part à dix rencontres avec La Rochelle, dont seulement une cette saison. Présent à Angoulême depuis dimanche, Pacome rejoint la formation charentaise jusqu’à la fin de la saison, sous la forme d’un prêt, pour le plus grand bonheur d’Alexandre Ruiz, l’entraîneur du SA XV. « Il amènera une plus-value sur des postes de 10 et de 15 où on est en difficulté numérique aujourd’hui. » Sachant que son contrat avec La Rochelle s’étend jusqu’en 2027, on peut imaginer qu’Ugo Pacome ne reviendra pas en terre maritime et que son aventure rochelaise touche à sa fin.

Crédit photo : Mathieu Darras – Fièvre SR