Stade Français – La Rochelle : Les Soldats Roses dynamitent la caravelle rochelaise

Pour ce remake du barrage de la saison dernière entre le Stade Français et La Rochelle, les deux équipes ont remis le couvert à Jean-Bouin. D’un côté comme de l’autre, le début de saison est en dents de scie. L’objectif de cette rencontre était de retrouver la victoire et se relancer. Les hommes de la capitale ont fini par faire exploser leurs adversaires et s’imposent avec le bonus offensif (43-24).

Le début de match est un jeu de chien et chat dans lequel Parisiens et Rochelais s’apprivoisent. Les hommes en rose prennent les choses en main dans les dix premières minutes avec trois pénalités sifflées en neuf minutes contre les visiteurs. Alors que le score est toujours vierge de part et d’autre à la dixième minute de jeu, Giorgi Melikidze, pilier droit parisien, se blesse assez sérieusement à la cheville (10′) et sort, épaulé par les soigneurs du club. Un premier coup dur pour ce joueur à l’importance indéniable dans l’effectif. Cela n’empêche pas Louis Carbonel de débloquer le compteur des siens, quelques instants plus tard (3-0, 11‘).

Les joueurs de Paul Gustard vont même ouvrir leur compteur d’essai à la 19e, à la suite d’une bonne sortie de mêlée et un essai de l’ailier perforateur Duguivalu (10-0). Timo va ensuite sortir sur commotion, à sa grande surprise (21′). Puis vient le festival Giacomo Nicotera, auteur d’un triplé et gratifié de la récompense d’homme du match. Par deux fois (26′ et 33′), il prend la défense maritime à revers et perfore l’axe pour prendre de l’avance au score. Au passage, comme si cela ne suffisait pas, Levani Botia prend un carton jaune (31′) pour un grattage illicite et paye l’indiscipline chronique de son équipe (neuf pénalités à la demi-heure de jeu). Le score est alors de 22 à 0 pour les locaux. Le Stade Rochelais peine à réagir, mais les pensionnaires de Jean-Bouin commencent eux aussi à être indisciplinés. Cela profite à l’adversaire. Kuntelia, pourtant auteur de deux pénalités en mêlée fermée et notamment fautif sur l’essai de Duigivalu, franchit plein axe et sauve l’honneur avant la mi-temps (22-7, 40′). Mais la statistique est édifiante : les hommes de Ronan O’Gara ont concédé dix pénalités en une seule mi-temps contre seulement deux pour le Stade Français. Une réaction est donc attendue.

La cocotte rose fait exploser les Jaune et Noir

Pour endiguer l’orage qui s’abat sur les Rochelais, le staff maritime décide d’opérer quatre changements. Tuifua, Bourgarit, Lavault et Penverne cèdent leur place à Alldritt (qui prend le capitanat), Latu, Kante Samba et Kaddouri. L’objectif est d’avoir de l’avancée et une meilleure tenue en mêlée. Ces rotations sont vaines puisque le talonneur italien Nicoterra plante son troisième essai de la journée, selon le même modèle de destruction massive dans l’axe. L’adversaire est sonné (29-10, 48‘) et le bonus offensif en poche. En face, un sursaut est attendu. Niniashvili et McFarland font ainsi leur entrée et les visiteurs parviennent une nouvelle fois à revenir au score par un pilonnage au près de Moerat, récemment appelé avec les Springboks pour la Coupe d’automne des nations, bien aidé par Kante-Samba. L’espoir renaît et le Stade Français perd son bonus (29-17, 54′). La tendance s’inverse, les Parisiens multiplient les fautes et Carbonel écope d’un carton jaune pour une claquette volontaire en bord de touche alors que Timo, en position d’ailier, était en embuscade pour marquer l’essai (56′). Malgré l’infériorité numérique, Paris maîtrise et se nourrit de l’indiscipline rochelaise pour scorer à la 63e par Scelzo, le troisième ligne argentin. Ce dernier suit bien un mouvement initié par une touche et profite d’une nouvelle avancée des avants pour convertir la détermination de son équipe en points (36-17, 65′). Le chassé-croisé du bonus continue.

Il reste un quart d’heure et ce match est loin d’être terminé. Les Rochelais sont sur un fil et les Parisiens souhaitent conserver leur bonus offensif. Pourtant, une nouvelle faute de main volontaire de Dakuwaqa réduit ses coéquipiers à 14 et permet aux Rochelais de réduire la marque par un essai de pénalité (36-24, 71′). Le juge de paix finira par arriver, les locaux vont s’assurer une victoire bonifiée à la sirène et s’imposer 43 à 24.

Top et flop

Top : Malgré l’entrée satisfaisante de quelques éléments en seconde période, Andy Timo a livré une belle prestation, en étant à l’origine de deux grattages mais aussi sept courses ballons en main et douze plaquages. Une activité offensive et défensive très satisfaitantes. Il sort aussi huit minutes sur protocole commotion à la 22e minute.

Flop : l’indiscipline. Les 16 pénalités concédées au total contre La Rochelle et les quatre essais encaissés sur des groupés pénétrants ou charges, à la suite d’une touche ont eu raison du lourd revers rochelais, qui ne pouvaient espérer mieux.

Fait du match

Tolu Latu n’est pas mentionné dans le flop mais pourtant, ses deux touches perdues à 5m de la ligne adverse n’ont pas favorisé un éventuel retour de son équipe. En effet, à la 74e minute, un lancer crucial pour essayer d’aller chercher un bonus défensif est avorté, comme trois minutes plus tard. Ces erreurs répétées, en plus de toutes celles accumulées pendant le match, en font un véritable tournant.

Bilan

La saison du Stade Rochelais se lit comme un oscilloscope : tantôt une montée d’adrénaline, tantôt une descente aux enfers. L’inconstance est toujours criante, la discipline l’est tout autant. Si les joueurs, à l’image de Favre au micro de Canal+, doivent « rester lucides« , les temps-forts pour marquer des points sont bien réels mais les efforts pour garder cette dynamique sont insuffisants. La réception de l’Aviron Bayonnais, dimanche prochain en prime time, est déjà décisive pour rester au contact du top 6, en période de doublons, s’il faut le préciser…

Crédit photo : Icon Sport